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Maintien relatif du niveau de chômage depuis 2001, progression de l'instabilité de l'emploi

Maintien relatif du niveau de chômage depuis 2001, progression de l’instabilité de l’emploi

Fin juin 2005, PACA compte 197 430 demandeurs d’emploi et un taux de chômage de 11,8 %. Depuis 2001, le chômage régional affiche une relative stabilité au regard de la vive amélioration enregistrée lors de l’embellie économique entre 1997 et 2001. Cette période s’était caractérisée par une forte création d’emplois, essentiellement portée par le secteur tertiaire marchand. Parallèlement, les formes de contrat dites précaires, très répandues au sein de ces activités de services, se sont largement développées. L’instabilité croissante de l’emploi dessine ainsi une nouvelle donne du marché du travail régional.

En juin 2005, la région compte 197 430 demandeurs d’emploi inscrits à l’ANPE 1 , conséquence d’une progression de 1,4 % sur un an (+0,0% pour la France métropolitaine). Répartie sur l’ensemble de la région à l’exception des Alpes-Maritimes, la hausse est particulièrement sensible chez les chômeurs de longue durée (+9,3 % sur an) et les moins de 25 ans (+4,6 %). Elle s’inscrit dans une période de stabilité relative qui a vu se succéder, depuis juin 2001, des cycles de faibles diminutions et de faibles hausses. Cette « stabilité » se conçoit au regard de la forte baisse qu’a connu la région au cours de la période 1997-2001, en particulier entre janvier 2000 et juin 2001. A cette date, on recensait 68 000 demandeurs d’emploi de moins qu’une année et demi auparavant, soit un recul d’un quart des effectifs. Au plan national, la baisse du nombre des demandeurs d’emploi, concourante à la période d’embellie économique, s’est également interrompue au cours de l’année 2001 ; mais à la différence du scénario régional, elle a été suivie d’une hausse continue. Dans la région, fin juin 2005, le taux de chômage atteint 11,8 % 1. L’écart avec le taux national s’établit à 1,7 point. Cet écart n’a pas cessé de s’amoindrir depuis le milieu de l’année 1997 3. Il n’a jamais été aussi réduit depuis mars 1988 (413).

Au sein de la région, l’analyse comparée des 22 zones d’emploi, sur la période 1999-2004 4 5 ( Se reporter au glossaire pour la correspondance des numéros et des noms des zones d'emploi ) révèle que les plus fortes baisses de taux de chômage se concentrent dans les zones où ces taux sont structurellement les plus élevés. C’est le cas d’une grosse moitié Ouest de la région, et plus particulièrement dans la zone littorale, sur une bande qui s’étend d’Arles à Toulon, voire Fréjus. La zone d’emploi de Marseille - Aubagne est à cet égard caractéristique : affichant le taux de chômage le plus élevé de la région (14,4 % en moyenne sur 2004), elle a aussi connu la plus forte baisse entre 1999 et 2004 (- 4,5 points).

La réduction globale du chômage observée depuis 1997 en PACA 3 est à mettre en relation avec la reprise économique : entre janvier 1996 et janvier 2003, la région a été très dynamique en termes de création d’emplois. Le nombre de ses salariés (hors fonctionnaires et agriculteurs) a ainsi connu une progression annuelle moyenne de 3,2 %. Et au cours de l’année 2003, dans un contexte national marqué par un solde de création d’emplois devenu négatif, la région est demeurée créatrice nette (412).

C’est le secteur tertiaire qui apparaît comme le moteur de cette dynamique 1 : structurellement prépondérant - il occupe plus des trois quarts des salariés en 2003 - il est aussi celui qui a connu, entre 1996 et 2003, la croissance annuelle moyenne la plus élevée (+3,3 % contre + 0,7 % pour l’industrie et + 1,2 % pour la construction). L’emploi régional s’est ainsi fortement développé sous l’influence du secteur tertiaire, et en particulier du tertiaire marchand, mais les effets de ce dynamisme n’ont pas été exclusivement bénéfiques. Les commerces, l’hôtellerie - restauration, les services opérationnels aux entreprises ou encore les services domestiques sont des activités qui recourent souvent à des emplois peu qualifiés, généralement instables (405, 406, 414), qui se traduisent par des allers-retours fréquents entre situation d’emploi et de chômage. En attestent les taux de rotation de la main d’oeuvre, indicateurs de l’instabilité de l’emploi, particulièrement élevés dans ces secteurs. En 2002, ils atteignaient, par exemple, 103 % dans l’hôtellerie - restauration et 79 % dans les services opérationnels. Le poids du tertiaire marchand dans l’économie régionale, grandissant, génère ainsi un taux de rotation moyen qui se situe parmi les plus élevés de France : en 2003, après avoir connu une nette hausse sur la période 1996 - 2000, il s’élevait à 52,3 %, contre 39,1 % en moyenne nationale. Par ailleurs, entre 1990 et 1999, les statistiques du recensement ont mis en évidence une dynamique nationale de forte augmentation de la part des contrats dits précaires (CDD, intérim, emploi aidé, apprentissage et stages rémunérés). Il s’agit là d’une tendance lourde du marché du travail français, initiée au début des années 1980 (402). Dans la région 7 (Se reporter au glossaire pour la correspondance des numéros et des noms des zones d'emploi ) ce mouvement s’est traduit par la vive progression de la proportion de ces formes d’emploi, passée de 10,8 % à 16,4 % durant la décennie 1990. En outre, le temps partiel a également connu une très forte hausse, et concernait, en 1999, 20,5 % des emplois salariés (hors fonction publique).

Ainsi, la spécificité du tissu économique régional, dominé par des services marchands, de surcroît en pleine expansion, s’est ajoutée à un effet d’entraînement national pour générer la recrudescence des formes d’emploi dites précaires en PACA. Ces formes d’emploi sont en particulier très répandues au sein des main-d’œuvre jeune et féminine. Si le lien entre chômage, précarité de l’emploi et pauvreté demeure complexe (401, 406), ce constat amène à poser la question de l’importance des “travailleurs pauvres” dans la région.

1 - Chômage à fin juin 2005