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Peuplement : péri-urbanisation et essor démographique de l'espace rural

Peuplement : péri-urbanisation et essor démographique de l’espace rural

Les 4 666 400 habitants que compte la région en 2004 se répartissent très inégalement sur le territoire : les “pleins” du littoral et des vallées rhodanienne et durancienne s’opposent aux “vides” des Alpes, des Préalpes et d’une partie de la Provence intérieure. Avec un bilan démographique de 283 000 habitants entre 1994 et 2004, la population a connu une augmentation de 6,5 % sur cette décennie. Si cet accroissement a d’abord bénéficié aux zones les plus peuplées, il est aujourd’hui fortement marqué par la péri-urbanisation de l’arrière-pays et l’essor démographique de l’espace rural.

En 2004, la population régionale a été estimée par l’INSEE à 4 666 380 habitants 1 . À l’échelle nationale, elle se situe en troisième position parmi les régions les plus peuplées avec 7,5 % du total alors qu’elle ne correspond qu’à 5,8 % de la superficie du territoire national. Elle appartient à un espace territorial plus vaste, le Grand-Sud-Est, qui constitue une zone de peuplement et d’urbanisation comparable au bassin parisien (03). Avec près de 1,9 millions d’habitants, le seul département des Bouches-du-Rhône abrite plus de 40 % de la population régionale. Les Alpes-Maritimes et le Var comptabilisent, quant à eux, environ 1 million d’habitants chacun. Huit habitants de la région sur dix résident dans l’un de ces trois départements. Le population régionale se répartit de façon très inégale et se concentre sur le littoral. Si le Vaucluse, notamment aux abords de la vallée rhodanienne, regroupe plus de 520 000 personnes, les départements ruraux, Alpes-de-Haute-Provence et Hautes-Alpes, abritent au total 270 000 habitants.

L’analyse cartographique du peuplement à l’échelle communale met aussi en évidence la forte urbanisation du littoral 2 3.

D’est en ouest, on retrouve une première concentration au niveau de la Côte d’Azur : les maxima sont enregistrés au Cannet et à Nice avec respectivement 5 470 et 4 770 hab/km2. De 5 à 20 kms de la côte, on observe des foyers de peuplement dont la densité est encore élevée mais qui diminue en s’éloignant du littoral. Un deuxième pic se dresse autour de la zone de peuplement de Toulon (3 750 hab/km2) et de La Seyne (2 710 hab/km2). On observe un autre point culminant au niveau de l’agglomération marseillaise dont la densité moyenne est de 3 306 hab/km2. La pression urbaine décroît selon une logique centre-périphérie : le 1er arrondissement enregistre la densité record de 20 900 hab/km2 contre seulement 1 060 hab/km2 dans le 16ème arrondissement. Le pourtour de l’étang de Berre connait des densités comprises entre 260 et 1 470 hab/km2. Dans le Vaucluse, la concentration de population autour d’Avignon (environ 1 400 hab/km2) se prolonge vers Carpentras. La vallée de la Durance est aussi un axe de peuplement avec des villes moyennes comme Manosque, Gap et Briançon où les densités oscillent entre 300 et 400 hab/km2. Au regard de ces concentrations démographiques, le faible peuplement des Alpes, des Préalpes et de la Provence intérieure (moins de 20 hab/km2) souligne l’effet répulsif du relief et rappelle combien la répartition spatiale est déséqulibrée au sein de l’espace régional.

Cette géographie du peuplement a connu plusieurs changements au cours de la dernière décennie : une croissance démographique généralisée reposant en partie sur un apport migratoire soutenu, une péri-urbanisation de l’arrière-pays dans un contexte de saturation du littoral, et enfin un essor démographique de l’espace rural. Sur la décennie 1994-2004, la région a enregistré un taux de croissance annuel démographique de 0,63 % pour un solde d’environ 283 000 personnes 1. Cette dynamique démographique repose principalement sur l’apport migratoire (07) : entre 1999 et 2004, 20 000 personnes provenant d’autres régions sont venues s’établir en Provence-Alpes-Côte d’Azur. Si ces migrants sont de tous âges, la part des jeunes y est plus élevée.

Cette croissance démographique s’accompagne d’une dynamique d’étalement des zones de peuplement concentrées sur le littoral : la localisation de communes enregistrant l’évolution démographique la plus forte se situe dans l’arrière-pays tel qu’on peut l’observer 4 de part et d’autre du massif de la Sainte Baume. Si un mouvement de péri-urbanisation s’observe autour de toutes les zones les plus peuplées, il semble connaître une acuité particulière dans les arrière-pays de Saint-Raphaël et de Nice. Enfin, l’espace rural enregistre également une dynamique positive : sur les 75 bassins de vie de bourgs et de petites villes de la région 5, les trois quarts enregistrent une croissance démographique. Au sein des deux départements les plus ruraux (Alpes-de-Haute-Provence et Hautes-Alpes), on observe aussi une tendance à l’expansion démographique, assez forte et régulière pour le premier et plus ou moins récente pour le second. Au total, on note que la répartition de la population repose sur de forts contrastes et une évolution qui peut influer sur la géographie sociale.

Les “bassins de vie des bourgs ou petites villes”

Dans le cadre du rapport de la DATAR (08), “Quelle France rurale pour 2020 ?”, publié en 2003, un nouveau réfentiel territorial, appelé “bassins de vie des bourgs et des petites villes”, a été mis en place par l’INSEE afin de mieux décrire l’espace à dominante rurale et surtout de rendre compte des dynamiques à l’oeuvre - en matière de population, d’emploi, de tourisme, etc. La région comprend 75 bassins de vie ruraux qui abritent au total plus 19 % de sa population mais couvrent 66 % de sa superficie. Dans l’objectif de mesurer l’évolution de ces territoires, des profils de dynamiques démographiques ont été établis à partir des taux d’évolution sur les cinq périodes intercensitaires qui se sont succédées entre 1962 et 1999 : ils ont notamment permis, à l’échelle de la France, de montrer que la majorité des bassins de vie connaissent une croissance démographique.

1 - Indicateurs démographiques