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Un environnement sanitaire favorable mais des inégalités sociales et spatiales

Un environnement sanitaire favorable mais des inégalités sociales et spatiales

L’état de santé des habitants de la région est globalement bon au regard des moyennes nationales de mortalité. Néanmoins, certains indicateurs conduisent à nuancer ce premier constat, et ce, malgré une offre de soins importante : le SIDA, la tuberculose, l’obésité sont des problèmes sanitaires importants en Provence-Alpes-Côte d’Azur, révélateurs par ailleurs, de précarité sociale. Cette synthèse met en évidence également les fortes disparités territoriales qui caractérisent la région à la fois en matière de mortalité, d’offre et de consommation de soins.

Au regard de la moyenne nationale, la région Provence-Alpes-Côte d’Azur présente une sous-mortalité générale 1. Le même constat est observé pour tous les départements à l’exception des Bouches-du-Rhône qui enregistrent une légère sur-mortalité chez les femmes 1 . En effet, la région connaît une situation particulièrement favorable concernant les maladies cardio-vasculaires, les cancers et l’alcoolisme qui figurent parmi les principales causes de mortalité en France. Néanmoins, la région présente des indicateurs qui nuancent ce premier constat : en effet, il existe une forte sur-mortalité par SIDA (+110 % chez les hommes, +108 % chez les femmes) et par cancer du poumon chez les femmes (+14 %). On note également une sur-mortalité chez les jeunes de moins de 30 ans, caractérisée par une forte proportion de décès liés à des morts violentes (suicides, accidents...).

Certains problèmes sanitaires sont particulièrement présents en PACA : ainsi, avec une prévalence de 1595 cas de SIDA par million d’habitants en 2003 (302), la région se situe en deuxième position derrière l’Ile-de-France (2382). Certes, depuis 1995, à l’instar de la tendance nationale, le nombre de cas de SIDA a diminué avec l’introduction des trithérapies 3. Cependant, cet indicateur ne permet d’appréhender que partiellement l’évolution de l’épidémie à VIH. De même, en 2002, la région enregistrait 10,3 nouveaux cas de tuberculose pour 100 000 habitants, soit le taux le plus élevé derrière l’Ile-de-France. La région PACA est également fortement touchée par l’hépatite C (1,8 % de la population contre 1,2 % en France en 1997 (301)). Constat sans doute lié à une plus forte prévalence des toxicomanies (303). Par ailleurs, on constate aujourd’hui une augmentation des problèmes d’obésité bien que le régime nutritionnel méditerranéen ait, semble-t-il, longtemps protégé la région : 10,1 % des adultes étaient concernés en 2003 contre 6,4 % en 1997 (304). Enfin, il existe une situation préoccupante en matière de recours à l’interruption volontaire de grossesse (IVG) : le taux d’IVG (pour 1000 femmes de 15-49 ans) qui est l’un des plus forts au regard de la situation des autres régions est passé de 17,4 à 20,2 entre 1997 et 2002. Cette progression particulièrement élevée chez les jeunes femmes pourrait être corrélée à leur précarisation (306).



Cette analyse est à compléter par l’étude de la consommation et de l’offre de soins. En juin 2003, on comptait en région 315 000 bénéficiaires de la CMU complémentaire, dont 55 % résidant dans les Bouches-du-Rhône 4, et près de la moitié âgés de moins de 20 ans. La région présente une situation particulièrement favorable concernant l’offre de professionnels de santé : les densités de professionnels sont toujours supérieures à la moyenne nationale, quelle que soit la spécialité. Toutefois, les densités de médecins spécialistes sont plus importantes dans les zones urbaines que dans les zones rurales (307) 6.

Cette synthèse met en évidence des inégalités de santé en lien avec les inégalités sociales. D’une part, certaines maladies peuvent être des marqueurs de précarité et de pauvreté comme la tuberculose. Les problèmes de surpoids ou d’obésité sont également plus fréquents dans les milieux défavorisés. D’autre part, certains problèmes de santé peuvent favoriser ou entraîner un processus de précarisation. Ainsi l’infection à VIH a un retentissement indéniable sur l’insertion sociale des personnes séropositives confrontées à une discrimination dans l’accès à l’emploi : dans la région, plus de la moitié des personnes infectées par le VIH n’a pas de situation d’emploi stable en la matière (308). Les usagers de drogues présentent également une situation sociale souvent détériorée.

Il existe aussi des inégalités d’accès aux soins – qui peuvent se traduire par un accès tardif ou un renoncement aux soins chez les populations en grande précarité – ou encore des inégalités face à l’information et à la réceptivité des populations vis-à-vis de celle-ci. Par exemple, l’utilisation et l’accès aux moyens de contraception sont moins fréquents dans les populations défavorisées, pouvant expliquer le recours important à l’IVG en PACA (306) 2. Enfin, ces inégalités de santé ont une traduction spatiale. La région présente, par exemple, un clivage est-ouest en termes de mortalité par cancers du poumon chez les hommes 5, qui peut s’expliquer en partie par des disparités sociales et économiques : à l’ouest, les activités industrielles et les parts les plus élevées d’ouvriers et de chômeurs ; à l’est, un secteur tertiaire, des activités de haute technologie et un taux de cadres plus important (309).

La Couverture Maladie Universelle

Instaurée par la loi du 27 juillet 1999, la CMU est entrée en vigueur le 1er janvier 2000. Ce dispositif comporte deux volets la CMU de base et la CMU complémentaire. La CMU de base permet d’affilier automatiquement au régime général de l’assurance maladie sur critère de résidence, toute personne résidant en France de façon stable et régulière, si elle n’a pas de droits ouverts à un autre titre à un régime d’assurance maladie (à titre professionnel, d’allocataire ou d’ayant droit d’un assuré). La CMU complémentaire permet de fournir une couverture complémentaire gratuite à toute personne résidant en France de manière stable et régulière sous condition de ressources fixée par décret.Elle remplace l’aide médicale dispensée par les Conseils Généraux dans le cadre de l’aide sociale décentralisée. Les personnes qui bénéficiaient en 1999 de l’aide médicale y compris les titulaires du RMI ont été transférées automatiquement à la Cmu Complémentaire au 1er janvier 2000. En octobre 2004, le plafond de ressources est de 576,13 E mensuels pour une personne seule.

1 - Indices de mortalité