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Une pauvreté croissante et essentiellement urbaine

Une pauvreté croissante et essentiellement urbaine

Avec un nombre minimum de 664 900 personnes vivant dans des ménages dont le niveau de vie se situe sous le seuil de bas revenus, on estime que la “pauvreté monétaire” concerne une personne sur six parmi la population de référence. Si l’évolution récente n’est pas linéaire, elle montre, néanmoins, une augmentation non négligeable depuis 1999. Sa répartition spatiale met en évidence la sur-représentation de la “pauvreté” dans la moitié ouest de la région et dans les villes centres. Enfin, notons que seule la moitié des foyers pauvres perçoit un minimum social.

Si la mesure officielle de la pauvreté monétaire relative réalisée par l’INSEE à partir de l’enquête revenus fiscaux n’est possible qu’à l’échelle nationale, la mesure des “bas revenus” à partir des sources CAF représente une autre approche qui peut être mise en oeuvre à une échelle plus fine (jusqu’au niveau communal) (101, 104). Cette mesure fait apparaitre qu’au minimum 664 900 personnes vivent en région en décembre 2004 dans un foyer allocataire disposant de ressources inférieures au seuil de bas revenus fixé à cette date à 734,99 € mensuels par unité de consommation 1 . Il s’agit, en fait, d’une estimation basse car cette source ne permet pas d’appréhender la “pauvreté” des ménages étudiants, ni celle des ménages dont l’allocataire a plus de 65 ans ou qui relève des régimes spéciaux et agricole (excluant ainsi les allocataires de la MSA). Ramené à l’ensemble de la population de réfrérence (âgée de moins de 65 ans), le taux moyen de bas revenus à l’échelle régionale est estimé à 17,4 % contre 13 % à l’échelle nationale : à peu près une personne sur six vit donc au dessous du seuil de bas revenus en PACA.

L’analyse de l’évolution de ce taux de population à bas revenus entre décembre 1999 et décembre 2003 met en évidence l’existence de trois périodes distinctes 3. L’intégration des personnes relevant de certains régimes spéciaux dans le régime général et la mise en place de la PAJE ont entraîné une perturbation des séries statistiques entre 2003 et 2004 et ne permettent pas en toute rigueur de comparer les données de 2004 à celles des années précédentes. De 1999 à 2001, on assiste à une faible augmentation de l’ordre de 0,7 point (de 16,9 % à 17,6 %), puis une baisse de même ampleur entre 2001 et 2002 (de 17,7 % à 17,1 %), et enfin, une légère augmentation d’un peu plus d’un dixième de point entre 2002 et 2003. Ces variations sont à interpréter avec prudence pour différentes raisons : premièrement, il faut tenir compte du fait que les revenus annuels bruts déclarés des allocataires sont ceux de l’année précédant l’année d’étude, à la différence des prestations. On peut ainsi faire l’hypothèse que l’inflexion de l’évolution des bas revenus entre 2001 et 2002 serait la conséquence de l’embellie économique de la fin des années 1990. Deuxièmement, le seuil de bas revenus évolue de façon permanente : à titre indicatif, durant la période d’étude (1999-2003), ce seuil est passé de 621,38 € en 1999 à 718,97 €, soit une augmentation de 15,7 %.

L’analyse sur la période récente souligne globalement une dégradation 2: quand le nombre de bas revenus augmente de 1,5 % entre 2002 et 2003, le nombre estimé de moins de 65 ans – population de référence – croît seulement de 0,8 %, soit une différence de 0,7 point. Parmi tous les départements, seuls le Var et le Vaucluse connaissent une situation de stabilité. Sur une période plus longue (1999-2003), on constate également une augmentation des bas revenus de 4,7 % alors que dans le même temps la population de référence a connu une progression estimée à 3,4 %. Elle est à relativiser selon les départements : dans les Bouches-du-Rhône et les Hautes-Alpes, le nombre de bas revenus aurait augmenté environ 3 fois plus vite que la population. Ce ratio est de 2,4 dans les Alpes-de-Haute-Provence et de 1,5 dans le Vaucluse. dans les Alpes-Maritimes et le Var, on observe une diminution (relative) très forte de la pauvreté.

D’autres disparités spatiales apparaissent quand on observe une photographie de la répartition des bas revenus 5: notons, tout d’abord, leur sur-représentation dans la moitié ouest de la région avec une forte concentration dans les Bouches-du-Rhône : un habitant sur cinq vit dans un foyer à bas revenu et la moitié de la population “pauvre” de la région y réside. Relevons, également, que la géographie régionale de la “pauvreté” souligne l’existence d’une dynamique centre-périphérie 2: on observe la proportion la plus forte dans les villes-centres et une décroissance jusqu’aux zones péri-urbaines alors que la grande périphérie - rurale - connaît aussi des taux élevés de bas revenus

La diversité est également une caractéristique des profils des allocataires “pauvres” : en région, comme à l’échelle nationale, seule la moitié des allocataires à bas revenus perçoit l’un des trois minima versés par la CAF (RMI, API, AAH). Dans l’autre moitié, on retrouve notamment des “travailleurs pauvres”, des familles souvent monoparentales et parfois nombreuses et des allocataires ne percevant pas d’aide au logement de façon temporaire ou pérenne (cas des propriétaires). En 1996, l’INSEE PACA (111) identifiait l’existence de trois groupes parmi les bas revenus de la région : les personnes seules qui représentent un allocataire sur deux, les jeunes et les étrangers non européens qui sont sur-représentés dans les grandes agglomérations.

L‘Étude de la “pauvretÉ monÉtaire” à partir

Le champ de l’étude s’étend à l’ensemble de la population couverte par les allocataires de la CAF. Ceux dont les revenus sont mal connus ont été exclus: les personnes âgées de plus de 65 ans, les étudiants ne percevant qu’une prestation logement et les allocataires relevant des régimes spéciaux et agricole. Les ressources prises en compte sont les revenus annuels disponibles avant impôts et les prestations familiales versées mensuellement. On considère qu’une personne vit dans un foyer à bas revenu lorsque celui-ci dispose d’un niveau de vie inférieur à la moitié du niveau de vie médian de l’ensemble de la population (française). Le niveau de vie correspond également au revenu par unité de consommation qui est calculé en applicant des pondérations selon la composition familiale. Les seuils de bas revenus applicables à l’étude oscillent entre 621,38 E mensuels par unité de consommation au 31/12/1999 et 734,99 au 31/12/2004.

1 - Les bas revenus CAF et la population de référence (-65 ans) au 31/12/2004