A l’occasion de la présentation de notre analyse des dépenses départementales d’action sociale en 2007, nous écrivions que l’année 2007, et probablement 2008, marqueraient une pause dans l’augmentation des dépenses départementales, avant l’apparition d’une « dynamique de croissance forte à compter de 2009 ».
Les résultats de l’étude sur l’année 2008 confirment ce pronostic avec une dépense qui croît modérément (de l’ordre de 3%). Il est par ailleurs à noter qu’en 2008, l’ensemble des autres dépenses départementales progresse presque trois fois plus vite que les dépenses d’action sociale, sous l’effet principalement des transferts de personnel des routes et des collèges. De ce fait, la part des dépenses sociales dans les budgets départementaux diminue.
Néanmoins, tout laisse à penser que l’année 2009 sera difficile – et l’année suivante encore plus – et ce sans que nous soyons en mesure d’appréhender l’impact de la crise sur les besoins sociaux. Or ceux-ci ne peuvent que progresser. D’une part, la baisse du nombre de bénéficiaires du Revenu Minimum d’Insertion (RMI), qui a caractérisé les années 2007 et 2008, devrait laisser place à une nouvelle augmentation, à laquelle s’ajouteront les conséquences de la mise en oeuvre du Revenu de Solidarité Active (RSA). D’autre part, la progression du nombre de familles déstabilisées amplifiera certainement le champ de la protection de l’enfance. Enfin, il y a tout lieu de penser que les dépenses relatives au soutien à l’autonomie, et plus particulièrement celles en faveur des personnes handicapées, augmenteront également.
Autant dire qu’il est plus aisé de présenter les résultats de 2008 que ceux de 2009, et à fortiori de 2010. Ceci d’autant plus que la progression des dépenses s’accompagne d’une diminution des recettes directes et probablement des concours de l’Etat, comme le laisse penser les annonces faites récemment.